Ostende, reine déchue des plages Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
07-07-2005

ImageDès la fin du XIXe siècle, sous l'impulsion de Léopold II, urbaniste visionnaire, Ostende connut un essor inégalé à ce jour. Pour côtoyer le gratin européen, Ostende était devenue le passage obligé! L'atmosphère de richesse et de luxe faisait d'elle une ville mondaine, symbolisée au cours de cette période par le Kursaal, ses Palaces, l'hippodrome Wellington et le Chalet royal.
Tous les plus grands artistes, créateurs, architectes, familles en vue y exercèrent une influence qui, conjuguée et soutenue par le volontarisme du Roi, apportèrent à Ostende son surnom de "Reine des plages".
Les belles villas, situées sur la digue entre la rue de Vienne (devenue Kemmelberg) et la rue de Paris furent pour la plupart construites par des architectes bruxellois, dans le style typique des maisons de la capitale du début du XXe siècle.

 

Du passé table rase


Les deux guerres mondiales, le tourisme de masse amorcé dès 1936 et qui connut son apogée au début des années septante et l'absence de vision urbanistique dans le chef des décideurs eurent raison, au fil des années, de ce charme inestimable qui rendait Ostende unique: une ville à la mer, synthèse des influences architecturales les plus remarquables.
Ainsi, des témoins de ces influences arts Nouveau et Déco furent purement et simplement détruits: le remarquable théâtre royal, qui avait survécu à deux guerres fut démoli en 1965 pour céder la place à une tour à appartements de 100 mètres de haut, fréquentée par la bonne bourgeoisie, l'avenue Pieters et le boulevard du midi (Zuidlaan), au carrefour du Petit Paris, emblème de ce dynamisme esthétique virent la majorité des maisons détruites, au nom d'une spéculation immobilière galopante; le banc des pierres, fleuron Art Nouveau de l'avenue de la Reine subit le même sort funeste pour faire place à un parking.

 

Nouvelle vision


Les projets immobiliers récents, aux confins du casino et du cinéma, gomment tout recul et perspective aux petites ruelles commerçantes piétonnes et donnent un sentiment d'étouffement: ils vont dans le même sens de voir un maximum de gens profiter d'une mini vue ou pied à terre de mer.
L'actuelle échevine du tourisme, Hilde Veulemans, martèle d'ailleurs qu'elle veut faire table rase du passé et ne plus vivre sur les appellations flatteuses d'il y a 100 ans: la ville est à un tournant, un moment charnière où elle entre résolument dans la modernité.
Le créneau développé devient les infrastructures rénovées (Casino, digue, routes,...) et le modernisme tant dans le volume des touristes accueillis que dans la multiplication des activités proposées (Earth Explorer, piscine en plein air, séminaires...)
L'air de la mer, l'esthétisme de ses bâtiments, le ressourcement dans son riche passé culturel ne suffisent apparemment plus... L'évasion se fait à présent uniquement vers la mer: pourvu que Poséidon l'entende de la sorte! Après tout, pour citer Renaud, " C'est pas l'homme qui prend la mer, c'est la mer qui prend l'homme ".

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