Constantonos Eliades, ambassadeur de Chypre à Bruxelles Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
28-02-2007

ImageC'est un homme attachant que j'ai eu l'occasion de rencontrer. Un homme de paix et de dialogue qui a été en poste à Moscou, Belgrade, Paris, Nairobi et qui est arrivé à Bruxelles en août dernier. Un poste de confiance assurément pour ce fin connaisseur de la géostratégie politique aux confins de Chypre, située à la croisée de trois continents. 

L’île de Chypre fait partie de l’Union européenne depuis le 1er mai 2004. Pourtant, le nord de l’île est occupé depuis 1974 par les Turcs et l’acquis communautaire y est suspendu. Comment expliquer cette situation complexe ?


Ancienne colonie britannique, Chypre est une république indépendante depuis 1960. Trois pays étaient garants de cette indépendance : la Grande-Bretagne, la Grèce et la Turquie. Les Turcs ont pris comme prétexte le coup d’Etat du 15 juillet 1974, qui a renversé l’archevêque Macarios, pour envahir le nord de l’île de Chypre pour protéger la minorité turque. La clause de garantie n’avait ni prévu la possibilité d’une intervention militaire, ni une décision unilatérale comme celle-là. La meilleure preuve est qu’au retour de Macarios au pouvoir en décembre 1974, les Turcs n’ont pas quitté l’île… Ils ont même accentué leur poids démographique par une politique systématique d’implantation de colons turcs. Le problème principal c’est l’occupation turque.

Le plan de Kofi Annan de réunification de l’île de 2004 a pourtant été rejeté par les Chypriotes grecs de l’île…


Il s’agissait en fait du 5e plan Annan. Ce texte a été mal préparé, sans négociation suffisante et sans avoir reçu le feu vert des deux leaders des communautés grecque et turque de Chypre.
A la suite de pressions internationales et du contexte tendu dans la région (conflit irakien et poids stratégique de la Turquie), le plan proposé était “pro turc” à quasi 100 % avec comme conséquence, en cas de rejet, de faire porter le chapeau aux seuls Chypriotes grecs. Je prendrai un exemple révélateur : les troupes turques étaient maintenues sur l’île et le sort des colons n’était pas du tout réglé. La Turquie maintenait ainsi un droit d’ingérence, inacceptable pour les Chypriotes grecs. Nous avons dès lors voté contre ce plan spécifique qui était mauvais mais pas contre une solution.

Quelles perspectives d’avenir peut-on espérer quant à une future réunification ?


Nous pensons que le modèle belge pourrait s’appliquer tel quel : une île réunifiée sur un modèle fédéral, bi-zonal et bi-communautaire et avoir ainsi un espace, un peuple, une société. Depuis juillet, les leaders des deux communautés président des groupes d’experts (sur les questions politiques essentielles) et des comités techniques (pour les implications pour la vie quotidienne) pour tenter de dégager un compromis. La méthode est donc à la fois simultanée et parallèle. Nous sommes ouverts à trouver une solution. J’ai bon espoir même si la situation est bloquée à ce jour. Car les Chypriotes turcs ne veulent qu’une confédération “à la taïwanaise”, ce qui n’est accepté ni par les Chypriotes grecs ni par la communauté internationale.

Quels sont les atouts et les spécificités de Chypre ?


Chypre est une petite île de 750000 habitants. Sa situation politique et stratégique est un atout considérable, à la croisée de trois continents. Nous nous entendons d’ailleurs très bien avec nos voisins. Notre PIB annuel par habitants est proche des 20000 €. Nous disposons de bonnes infrastructures. Le tourisme représente 20 % du PIB. Le climat est méditerranéen (il fait 22 °C ce matin)… Nos plages sont superbes et notre histoire riche de 9000 ans de civilisation.
La langue parlée et enseignée est le grec moderne. Le français est la troisième langue (Chypre vient d’adhérer à l’organisation internationale de la Francophonie). Nous mangeons beaucoup de viande : le plat national est le méchoui. Nous cultivons d’excellents fruits et des pommes de terre renommées. L’artisanat reste aussi de qualité. Notre industrie est essentiellement de transformation. Notre fête nationale a lieu le 1er octobre, jour de l’indépendance.

Que représente la communauté chypriote à Bruxelles ? Dans quels secteurs d’activités est-elle active ?


Il s’agit d’une petite diaspora car les pays d’émigration furent essentiellement l’Angleterre, l’Australie et le Canada. Il y a près de 300 Chypriotes en Belgique, dont la majorité vit à Bruxelles. La plupart travaille dans des institutions internationales : Bruxelles est devenue aujourd’hui un grand pôle d’attraction pour notre pays.

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