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Selon Julie de Groote, le sort de la place Flagey n’a pas l’air d’inquiéter, voire d’intéresser, la nouvelle majorité socialiste-libérale d’Ixelles : pas le moindre mot dans la déclaration de politique générale présentée lors du dernier conseil communal de jeudi passé ! Or, si il y a bien un projet emblématique, c’est la place Flagey, en chantier depuis 5 ans déjà...
Le dossier Flagey a par ailleurs toute une série de liens connexes : financement du paquebot culturel Flagey (pour lequel la commune s’est fait tirer les oreilles en accordant finalement 200 000 € sur un an, à revoir chaque année), plancommunal de mobilité et cartes de riverains (la déclaration de politique générale reste très vague sur ce point – pourtant crucial à Ixelles – et dont les libéraux avaient fait une de leurs priorités de campagne), gestion du bassin d’orage (qui a déjà coûté près de 35 millions !) et parking sous la place, toujours inutilisé à ce jour… Recours stratégique A ce sujet, les riverains du quartier Flagey ont reçu tout récemment un courrier par lequel le collège ixellois leur expliquait pour quelles raisons (accessibilité à la place, aménagements en surface dont la tenue du marché,…) la commune d’Ixelles avait introduit un recours contre le permis d’urbanisme de réaménagement des places Flagey et Sainte-Croix, délivré le 19 janvier dernier, par la région de Bruxelles Capitale. Il s’agit en réalité surtout d’un moyen pour faire pression sur la région dans l’épineux dossier du parking souterrain.Les riverains sont, quant à eux, perplexes devant la stratégie d’affrontement choisie par la commune. Par la voix des comités “Flagey/Brasserie”, ils avaient en effet approuvé le projet de réaménagement des places Flagey et Sainte-Croix et demandé que le permis supprime expressément le stationnement en surface pour rendre toute son utilité à la place. Aussi, selon eux, “la région de Bruxelles-Capitale, en délivrant le permis avait tenu compte des différents avis émis, dont celui de la commune, et décidé de supprimer le stationnement en surface". Vide technique devenu parkingRétroactes. Le 17 décembre 1998, le conseil communal décidait de faire construire un vide technique (5 millions d’€ déjà payés par la commune à ce jour !) qui devait, lorsque le gros oeuvre serait terminé, changer d’affectation pour devenir un parking (186 places). On trouve, d’ailleurs annexé à l’extrait de délibération qui relate cette séance du conseil, une convention par laquelle la commune d’Ixelles s’engageait à ce que ce changement d’affectation se fasse sous sa seule responsabilité, n’engageant en rien la Région. Les travaux ont été commandés par la commune à l’Administration de l’Equipement et des Déplacements (A.E.D.), mais jamais la commune n’avait demandé que le vide technique soit innondable. Ce pourquoi elle refuse aujourd’hui de réceptionner le chantier et de payer les 2 millions d’€ restants. La région fait elle une autre analyse : le manque d’informations et de solutions techniques n’est que l’aboutissement logique de la procédure suivie en 1998, càd la demande de construire un vide technique et non un parking, réalisé sans étude particulière. Bagarre commune-régionPour sortir de l’impasse, la ministre Huytebroeck a proposé que la région gère elle-même le parking plutôt que de procéder à de nouveaux travaux, en le fermant les jours à risque “inondables”, soit 10 jours par an, selon elle. La commune refuse de céder l’exploitation du parking à la région et propose des solutions techniques pour réduire au maximum le risque d’innondation du parking, en déviant les eaux vers les étangs inférieurs, en freinant les eaux au niveau des égoûts en amont (le bassin se remplira moins vite) et enfin, en aval, en plaçant des accélérateurs d’évacuation d’eau, pour que le bassin se vide plus vite. Aujourd’hui, la nouvelle place Flagey reste à quai. En attendant que passe l’orage ? |