Armand De Decker : ce n'est plus l'heure des socialistes ! Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
06-06-2007

A quelques jours des élections, j'ai eu le plaisir de faire le point avec Armand De Decker au cours d'une interview vérité qui sera publiée ce jeudi dans "La Tribune".

Nous nous sommes retrouvés pour un déjeuner entrecoupé d'une discussion animée, à bâtons rompus, sur tous les grands sujets du moment.

Le ministre avait choisi, non sans humour, l'Idiot du village, situé au coeur des Marolles.

Le riz de veau que le patron nous a conseillé fut vraiment divin : croquant et fondant à souhait.

Il m'a confié avoir négocié l'accord de majorité à Uccle avec Françoise Dupuis dans le même établissement...

 

Dois-je vous appeler Monsieur le ministre ou Monsieur le bourgmestre ?
Vous avez le choix (rires). Mais après dimanche, en tous cas, Monsieur le sénateur-bourgmestre…

Votre président Didier Reynders a privilégié la stratégie de confrontation, avec une virulence inédite dans les propos, en stigmatisant votre partenaire socialiste au gouvernement fédéral. Les Belges ne sont pas vraiment des grands adeptes de l’agressivité à tout crin. Vous pensez que c’est la bonne tactique ?
Bien qu’étant par nature un homme de consensus et de dialogue, je m’y retrouve tout à fait car il y des moments de vérité qui doivent éclater : il y a aujourd’hui une nécessité de clarification. Monsieur Daerden dit que le MR ne sera pas à la table des prochaines négociations. Mais être à table avec lui c’est difficile, il faut d’abord qu’il quitte le bar !Plus fondamentalement, la stratégie de rupture est un mal nécessaire pour sauver la Belgique et redresser la Wallonie. L’archaïsme du PS est tel qu’il fait effet de repoussoir chez beaucoup de Belges, Francophones et Flamands. Je vous citerai 3 exemples récents : Mme Onkelinx a lamentablement échoué dans le dossier de l’informatisation de notre justice, a renoncé à la loi sur les services de renseignements (nous sommes le seul pays au monde à se distinguer ainsi !); enfin, la circulaire aux procureurs généraux de ne plus devoir exécuter les peines de moins de 12 mois est un signal dramatique qui confine au sentiment d’impunité. Sans oublier le problème majeur d’éthique, de moralité politique bafouée où Charleroi est l’expression d’un système PS clientéliste. Quand il gouverne, le PS laisse entendre que le pouvoir lui appartient avec un comportement de parti dominant.

Nicolas Sarkozy, l’ami de votre président, n’a pourtant jamais attaqué Ségolène Royal mais a porté le débat sur les idées…
Didier Reynders est un enfant de chœur par rapport à Philippe Moureaux qui nous a traités de “salopards”. Je pense que la campagne, que je mène depuis 2 mois, porte vraiment sur le fond, les idées, même si par média interposé, on peut ressentir une autre impression. Je rappellerai aussi que c’est Elio Di Rupo qui refuse de débattre avec Didier Reynders…

Dans tous les débats télévisés majeurs auxquels le MR prend part, on ne voit qu’un seul candidat, Didier Reynders, ce qui n’est pas le cas dans les autres partis. Votre président ne fait pas confiance à ses autres têtes de liste ?
Je ne partage pas ce sentiment. Quand bien même il en serait ainsi, c’est son choix et son pouvoir de président, je le respecte et, de vous à moi, avec le retard qu’il a sur Elio Di Rupo à la RTBF, qui est d’une complaisance sans bornes avec le PS, je comprends qu’il ait envie de le rattraper.

Quelle est la coalition que vous appelez de vos voeux ?
Notre stratégie est d’être la première force politique francophone. Et nous le serons. Ce sera un vrai renouveau politique ! C’est nécessaire pour sortir Bruxelles et la Wallonie de l’archaïsme socialiste. Aujourd’hui, ce n’est plus l’heure des socialistes ! S’il faut négocier une réforme de l’Etat et composer une tripartite, je verrais bien les libéraux aux côtés des écologistes qui sont comme nous, aussi fort attachés à la Belgique.

A propos de votre commune, les Ucclois vous attendent et ne voient rien venir. Armand est-il bientôt là ? Résolument ?
(rires) Armand est là. Résolument ! Je consacre beaucoup de temps à ma commune. J’ai personnellement veillé à ce que le budget soit en équilibre. J’ai rencontré hier le ministre Pascal Smet et Alain Flaush, le patron de la Stib, pour dessiner l’avenir de l’avenue Churchill. Par contre, je n’assiste pas au Collège, comme le fait Elio Di Rupo à Mons. Je tiens à respecter la loi.
Toutes les têtes de listes au Sénat, depuis les quatre dernières élections, qui ont fait partie de la majorité, ont occupé soit un poste ministériel, soit une présidence d’assemblée.

Si le MR devait faire partie du prochain gouvernement fédéral, vous feriez exception ?
Si le MR est partie prenante dans la future majorité, je suis candidat à la présidence du Sénat, qui est compatible avec la fonction de bourgmestre. Je ne suis pas demandeur d’exercer une fonction ministérielle.

Votre épouse Jacqueline Rousseaux mène le combat contre l’abattage des marronniers avenue Churchill. Abattage qui est décidé par la secrétaire d’État Françoise Dupuis, qui fait partie par ailleurs de votre collège à Uccle. Quelle est votre position ?
Je suis très déçu que Françoise Dupuis ait octroyé son permis d’abattage sans me prévenir. La commune a introduit, à ma demande, un recours contre le permis de Mme Dupuis. J’ai par ailleurs instauré un dialogue avec la Stib et l’Administration de l’Equipement et des Déplacements (AED) de Pascal Smet pour arriver à un résultat final qui tienne compte des souhaits des riverains. Pascal Smet comprend d’ailleurs tout à fait notre point de vue.

Où en est le projet de métro à Uccle ? Avez-vous aujourd’hui introduit une demande en ce sens à la Stib ?
je n’ai encore introduit aucune demande en ce sens car mon souhait est de consulter les Ucclois à ce sujet, par le biais d’une consultation populaire; C’est la proposition que je ferai au conseil communal, souverain en la matière. Aujourd’hui, la construction de nouvelles lignes de métro revient à l’ordre du jour. le Fédéral serait prêt à financer un axe Nord-Sud. Je veillerai à ce qu’Uccle puisse en bénéficier.

Que proposez-vous comme solution radicale pour favoriser l’emploi des jeunes à Bruxelles et endiguer le chômage, particulièrement élevé chez les jeunes d’origine allochtone ?
J’avance trois idées :
1. La généralisation des programmes d’apprentissage des langues tels que pratiquée dans les écoles européennes avec une série de cours dans une autre langue. Aujourd’hui, à Bruxelles, pour trouver un emploi, il faut connaître trois langues.
2. Une refonte complète de l’Orbem qui est un outil politisé et une administration socialiste. Il faut lui insuffler un esprit d’entreprise et le respect de l’économie.
3. Je propose de remplacer le stage d’attente par un service civil volontaire, qui deviendrait obligatoire pour ceux qui n’ont pas d’emploi. Voilà trois mesures concrètes, peu coûteuses et efficaces pour répondre à la situation particulière de Bruxelles.

Vous êtes un unitariste convaincu. Que diriez-vous aux Flamands pour les convaincre de sortir Bruxelles de son carcan des 19 communes ?
Je dis à mes amis flamands que la flamandisation des communes périphériques est un combat perdu d’avance qui va à contresens de l’idéal européen, respectueux de la démocratie et des minorités. La Flandre vaut beaucoup mieux que le combat excessif et xénophobe de certains. Plutôt que de heurter de plein fouet la logique flamande en exigeant le rattachement des communes périphériques, je demande de reconnaître le caractère bilingue de ces communes. Cela place le débat au niveau du droit des gens, dans le respect des autres.

A Rhode-Saint-Genèse, la bourgmestre a envoyé les convocations électorales en néerlandais, après qu’en collège, l’échevine flamande Mme Algoet ait refusé un double envoi en néerlandais et en français. Plutôt que de passer devant le conseil et de voir annuler la décision par la tutelle (sans parler du risque de l’envoi d’un commissaire du gouvernement flamand), elle a opté pour un choix légaliste. Vous approuvez ?
Je n’ai pas de jugement car le contexte est différent. Mme Rolin a agi en âme et conscience et je respecte sa décision. C’est ce qui différencie les libéraux du FDF. L’attitude plus en pointe d’Eric Libert est de sa seule responsabilité. Que Georges Clerfayt soit plus modéré ne m’étonne pas : c’est un homme d’une grande sagesse qui a beaucoup d’expérience dans ce dossier. C’est avec lui que je me suis battu pour l’envoi d’un émissaire du Conseil de l’Europe en périphérie il y a quelques années.

Vous êtes au gouvernement fédéral le seul ministre bruxellois. Le ministre Landuyt, comme son prédécesseur Bert Anciaux semble se moquer des décisions de justice intervenues dans le dossier des nuisances sonores autour de Bruxelles National. Que préconisez-vous comme solution ?
Tout d’abord, je voudrai vous dire que j’ai écrit à mon collègue Renaat Landuyt, en avril 2006, avec copie au Premier ministre, pour lui dire que je me désolidarisais de sa décision d’utiliser de manière excessive et anormale la piste 02/20 par laquelle il faisait courir des risques d’accidents plus élevés aux riverains. Je préconise un retour à la situation d’avant 2003 (avant le plan Anciaux) en concentrant les nuisances et en indemnisant les riverains survolés. J’ai aussi proposé de dédoubler Zaventem en créant un aéroport à Chièvres qui accueillerait le fret et les charters. Chièvres est situé près de Ath, sur la ligne TGV Bruxelles-Lille-Paris, à 40 minutes de Bruxelles, dans la région qui a la plus faible densité de population du pays.
Aujourd’hui, le dossier est bloqué et contient une trop forte charge symbolique. Je propose de le débloquer en refédéralisant tout ce qui a trait à l’aéroport national. Il portera ainsi bien son nom.

Commentaires
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Philippe - Le seul ministre Bruxellois? Unregistered | 06/06/2007 14:44:05
Et Laurette? Je viens de recevoir une pub électorale de sa part où elle ne parle quasi que de Bruxelles...
Le litche - Laurette est de Lasne Unregistered | 06/06/2007 18:29:13
Laurette n'est pas Bruxelloise : elle est d'Ougrée, de Seraing, de Lîtche, de Lasne, de St Gervais Montblanc (ou elle part skier chaque année) mais ce n'est pas une brusseleir, desolé Philippe
Lydia - Objectivité? Unregistered | 08/06/2007 00:20:28
Je suis scandalisée de voir le parti pris de votre journal : un édito anti socialiste signé de votre main suivi trois pages plus loin d'une interview réalisée par vos soins d'Armand De Decker où l'on vous voit (c'est un comble !) poser avec le ministre libéral jete le disrédit sur votre publication.

On connaissait vos amitiés libérales, mais là, cela dépasse tout entendement.
Alain - Réalité Unregistered | 08/06/2007 10:37:46
Je ne suis pas du tout d'accord avec l'analyse de Lydia.
Il faut un électrochoc dans ce pays.
B.Peeters a eu le courage de dire la réalité, que cela vous plaise ou non.
Cet édito n'est pas plus libéral qu'écolo ou cdh. Il est anti système PS point barre
C'est hélas rare dans la presse belge.
Quand à la photo avec De Decker, je n'y voit qu'une dose d'humour bien bruxelloise et aucune malice.
J'ai le souvenir d'une photo ou il était avec Philippe Moureaux qui avait eu le meme type d'interview. Celle la ne vous posait pas problème
jean nico - Armand a raison, il nous faut Unregistered | 08/06/2007 12:36:05
Armand a tt fait raison, c'est un Sarko qi nous faut !!! Ilssont trop clientelistes et incapables de gérer le pays
20 ans de ps ca suffit !
Patoche - le PS dehors Unregistered | 08/06/2007 12:58:18
Ca suffit !
On en veut plus de vote société d'assistés !
merci à la TBX et a son reda chef d'avoir dit tout haut ce que beacoup pensent tout bas
Marie Chrisine Lejeune - Non le PS ne peut pas tout se Unregistered | 08/06/2007 13:02:32
Merci pour vote édito qui est une bouffée d'oxygène. Très courageux !
Vous avez tapé en plein dans le mille. Tenez bon car ils vont vous embeter car vous avez dit la stricte vérité.
En tant que démocrate, j'ai voté PS quand j'avais 20 ans (en 1999). Aujourd'hui, je suis dégoutée et je soutiendrai Ecolo.
Jack the fly - Courageux Unregistered | 08/06/2007 13:34:28
Votre point de vue est courageux et a contre courant de la vision molle et très politiquement correcte de bcp en Belgique.
Ca me fait penser aux éditos de Libé ou du Figaro.
Ca manque chez nous ou on veut faire plaisir à tt le monde.
Mario - Grace au PS, j'au un boulot Unregistered | 08/06/2007 13:35:51
Moi je voterai PS car c'est eux qui m'ont donné un boulot à la ville quand je n'en avais pas.
Je trouve ca bien que le PS peuve aider les gens qui n'ont pas de travail
Jaurès - le débat est posé Unregistered | 08/06/2007 18:37:06
Je ne partage pas vos idées mais vous posez et lancez le débat. C'est le grand mérite de votre édito.
En ca, en tant que democrate de gauche, je suis heureux de ce debat car le PS a besoin de se regénérer dans l'opposition même si il ne peut etre tenu de tout ce qui a été fait depuis 20 ans
Sarkolène - un traitement de choc pour la Unregistered | 08/06/2007 18:41:29
La Belgique terre de compromis a montré toutes ses limites. Les Belges n'ont jamais été aussi peu passionnés par la politique.
Avec les idées fortes et claires exprimées dans votre journal, vous amenez un vrai débat. Je vous encourage à poursuivre. La ligne molle et sans prise de position tue tout échange.
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Cerise sur la gateau : je partage votre analyse
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