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Procès de l'amiante : on a aussi fermé les yeux chez nous Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
08-04-2009
Un procès inédit en Europe s'est ouvert en Italie, non seulement par son ampleur mais aussi parce que le parquet veut poursuivre au delà des frontières deux grands noms de l'amiante : le suisse Stephane Schmidheiny et le belge Louis de Cartier de Marchienne pour les motifs de catastrophe criminelle et homicides par négligences criminelles [2056 décès, 836 cas de cancers incurables décelés à ce jour]. L'affaire remonte aux périodes d'exploitation des usines Eternit en Italie, mais les conséquences sont encore très lourdes aujourd'hui pour les populations concernées, car les maladies de l'amiante ont des délais de latence parfois assez longs [jusqu'à 40 ans], notamment dans le cas du mésothéliome [cancers de la plèvre et du péritoine].

 

Qui est derrière Etex Group, un des derniers fleurons belges avec assise mondiale ? Une des familles belges les plus fortunées : les Emsens avec comme Chairman Jean-Louis de Cartier de Marchienne et une série d' "administrateurs amis" issus des plus grandes familles belges [Haegelsteen, Voortman, Beeckman, Nolet de Brauwere,...].
Chez nous aussi, on a fermé les yeux sur la manipulation de l'amiante : ainsi, à Ostende, il existait depuis 1945, un atelier de réparation marine, faisant partie du Groupement Logistique de la Marine.
Il dépendait de l'ODM [Organisation Diesel Motor] et une de ses sous sections était l'atelier du joint [surnommé le "jointkot"].
Cet atelier a fabriqué les joints [pour les raccords de fenêtre ou de ventilation par exemple] avec de l'amiante pour les 80 bateaux de la marine belge, sans aucune protection et sans aucun contrôle de propreté ou de la médecine du travail.
C'était toujours des premiers matelots ou de jeunes sous officiers à qui cette responsabilité était confiée : on leur foutait une paix royale et on leur faisait miroiter d'être chef d'un atelier. Et pour cause !
La technique utilisée était la pression au moyen d'une grande presse : les flocons d'amiante volaient partout et les molécules n'étaient jamais aspirées. Personne ne portait de gants !
Jamais de visite non plus du groupe Veritas, chargé de la sécurité et de l'hygiène au travail...
Or les dangers de l'amiante ne sont pas neufs : depuis 40 ans, des recommandations strictes existent quant à sa manipulation. Il y avait d'ailleurs beaucoup de polytechniciens dans la base de Ostende qui étaient parfaitement informés des dégâts causés par l'amiante.
A tel point que quand des parlementaires Ecolo étaient venus visiter le Zinia, notre dragueur de mines emblématique, la panique a été telle chez les militaires que le navire a été envoyé à la casse sine die sans être désamianté, de peur du gros scandale !

Aujourd'hui, les langues se délient et de plus en plus d'anciens militaires âgés entre 55 et 70 ans parlent de leurs problèmes de santé.
Depuis quelques années, l'atelier a été déplacé à Zeebrugge et la technique a évolué : cela se passe sous cloche, avec aspiration des molécules. Les matériaux sont aussi différents : il s'agit à présent du Walker.
Quant aux actionnaires d'Etex Group, ils continuent tranquillement leur business bien profitable, mais sous d'autres cieux moins regardants, comme le Chili en Amérique du Sud...

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