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Le gouvernement Peeters II est né Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
12-07-2009

Jouant sur la symbolique, la composition du gouvernement Flamand a été communiquée par Kris Peeters le 11 juillet, jour de la fête de la Communauté Flamande.

C'est aussi le jour que Bart De Wever a choisi pour se marier à l'Eglise.

L'occasion de revenir sur sa composition...

Kris Peeters tout d'abord.

Il reste l'incontestable ministre-Président et homme orchestre.
Look de gendre idéal, il a pris soin  de s'octroyer les compétences clés de l'Economie et du Buitenlandsbeleid, la représentation de la Flandre à l'étranger (souvenez-vous, il avait aimé dressé l'étendard flamand à New-York, ce qui avait fait hurlé Karel De Gucht himself).
En clair, le point fort de la Flandre (les exportations) et ce qui l'a fait vivre (l'Economie).
Tout cela n'est bien sur pas anodin.

 

Ensuite, 1ere vice-Prédidente de l'Exécutif, Ingrid Lieten, patronne de De Lijn (transports en commun flamands) et nouvelle recrue du SP-A. Il faut y voir en premier lieu la volonté d'écarter Frank Vandenbroucke, brillant économiste mais individualiste borné. Ensuite, une créature non politique est plus facile à manipuler, notamment pour la composition de son cabinet, ce qui permet à Caroline Gennez d'y placer quelques un s de ses proches relais.
Quant à ses compétences, on aurait pu attendre la Mobilité. C'eut été trop beau. Elle hérite des Médias, de la Planification publique, de la Recherche scientifique et de la Lutte contre la pauvreté. Rien de bien transcendant ni d'idéologiquement sensible...

 

2e Vice : Geert Bourgeois qui décroche la timbale avec  tout le fonds de commerce qui fait vivre les nationalistes

Il sera chargé du Tourisme (lisez : de la protection de l'appellation "Vlaamse kust"),

des Affaires Intérieures (lisez : et particulièrement de la tutelle sourcilleuse des 3 bourgmestres démocratiquement élus mais non nommés de Crainhem, Wezembeek-Ophem et Linkebeek,

de l'Inburgering (appelée en d'autres temps l'assimilation forcée),

du Vlaamse Rand (lisez : de l'épuration ethnique par la flamandisation de la périphérie ("veranking van de vlaamse karakter van de rand rond Brussel") et de la lutte contre la tâche d'huile francophone ("olievlek") .

Au moins, il annonce clairement la couleur...

 

Viennent ensuite un quatuor attendu et plutôt compétent dans leurs domaines respectifs :

 

Hilde Crevits : la Thouroutoise conserve les Travaux Publics et prend la Mobilité. Elle perd l'environnement. Elle avait plutôt convaincu lors de son précédent mandat. Puisse-t-elle ne pas oublier son idée de limiter la vitesse sur le Ring et abandonner l'idée de ce Ring à 12 bandes encerclant Bruxelles.

 

Jo Vandeurzen : le Limbourgeois, CD&V également, remonte dans la barque, régionale cette fois avec des compétences plus sociales et soft : Bien-Être, Famille, Santé Publique.
Cela lui convient bien techniquement et sociologiquement.

 

Joke Schauvliege : la petite nouvelle de Flandre Orientale reprend l'Environnement et la Nature à Hilde Crevits et hérite de la Culture (ca rime et ca rame...) qui devient un sous-ministère. Bonjour la cohérence... De toute façon, cela ne sera pas pire qu'avec Bert Anciaux !

 

Freya Vandenbossche : le come-back de la sexy girl du SP-A  ! Energie, Logement, Economie Sociale et Politique des Villes, cela se tient plutôt bien. Elle devrait être moins tendre que lors de sa première expérience sous Verhofstadt.
Un regret : l'Energie séparée de l'environnement et la Politque des Grandes Villes orpheline de Bruxelles...

 

Complètent le casting Pascal Smet, jeté du gouvernement bruxellois, il récupère les Affaires Bruxelloises dans l'Exécutif Peeters II, ce qui est une bonne chose. Dommage qu'il n'ait pas les Affaires Intérieures au vu de sa vision décomplexée sur Bruxelles.
A cela s'ajoute l'Enseignement, ce qui rassure quelque peu les écoles francophones de la périphérie, la Jeunesse et l'Egalité des chances (là-dessus, c'est clair, il s'y connaît). Il eut été logique de lui adjoindre les Sports mais il n'en fut rien...

 

Enfin, la surprise du chef Bart : Philippe Muyters, big boss du VOKA, le patronat flamand qui hérite d'un giga portefeuille (Budget, Finances, Urbanisme, Emploi, Sports) mais sera l'homme de main de Bart de Wever son président de parti qui tirera les ficelles de la bourse généreuse de Mère Flandre en coulisses.

Novice en politique, il risque de se faire quelque fois berner par les vieux roublards CD&V notamment.

Attention tout de même à la "bétonite aiguë" qui frappe les excellences flamandes, très prompt à donner des permis d'urbanisme un peu pour faire n'importe quoi (cf la Côte, Zaventem,...). C'est à espérer qu'il ait un peu de goût...
Pour l'Emploi, chez un nationaliste, cela préfigure le démantèlement du portefeuille fédéral.

Quant aux Sports, remember 1936...

 

Last but not least, Jan Peumans, NV-A également, qui hérite de la Présidence d'Assemblée : il pourra proclamer l'indépendance... dont il rêve tout bas, ce qui est déjà un beau lot de consolation pour celui qui fut souvent cité en ordre ministrable utile.

 

En conclusion: malgré quelques raisons de ne pas tirer trop la tête, il s'agit globalement d'un gouvernement en marche vers une politique plus flamande et une autonomie plus marquée, incontestablement.

 

 

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