Les anti-Léopold II ne sévissent pas qu'à Bruxelles
14-09-2008
La statue de Léopold II érigée à côté de la place du Trône à Bruxelles a été couverte de peinture rouge mardi 9 septembre dernier par un activiste anarchiste. L'écrivain contestataire belge Théophile de Giraud a escaladé la statue au moyen d'une corde avant de verser sur celle-ci de la gouache rouge symbolisant le sang. La peinture a été complètement étendue au moyen d'un pinceau sur le buste de l'ancien roi des Belges.

L'écrivain estime que Léopold II, qu'il qualifie de criminel contre l'humanité, ne peut être élevé au rang des grands hommes de la nation.

Du côté francophone, quasi aucun média [comme d’habitude] n’a évoqué des faits anti royalistes semblables qui se sont passés à Ostende.

Il faut dire que dans le WalBruland, la parole de la Reine mère Anne Quevrin est considérée comme sacrée et Place Royale comme le modèle dans le genre objectivité.


En avril 2004, la main de l’esclave qui faisait partie d’une sculpture ["Gratitude des Congolais"] en l’honneur de Léopold II fut coupée par un inconnu. Cet acte fut commis peu de temps après un reportage de Canvas sur les prétendus crimes commis au Congo par l’administration léopoldienne. Un peu plus tard, la statue du Roi Baudouin fut recouverte de peinture rouge pour sa prétendue implication dans l’assassinat de Lumumba.

Les auteurs des actes se sont revendiqués du groupe "De Stoete Ostendenoare", ce qui, en west-vlaams dialect peut être traduit par l’ "Ostendais pas sage". Ce nom fait référence à un journal ostendais de gauche, qui connut son heure de gloire dans les années 70.

L’enquête du Parquet s’est dirigée assez rapidement vers un conseiller communal de Blankenberge, Piet Wittevrongel, élu sur la liste Dwars. Ce républicain convaincu se signale régulièrement par des actes pacifiques, mais militants, souvent avec une bonne dose d’humour.

C’est lui qui avait dénoncé le scandale des dockers de Zeebrugge atteints de cancer, car obligés de transporter des déchets nucléaires fortement radioactifs. Une affaire que nos autorités avaient, avec un empressement révélateur, tenté d’étouffer.

Ce qui donne aujourd’hui un intérêt tout particulier à cette affaire, c’est la sortie du livre "De hand van de koning", un roman écrit par Raf De Boever. Un livre qui mêle réalité [avec toute une série d’infos "insides" non connues de la justice] et fiction, avec une confusion des genres dans lequel le lecteur non averti se fait bluffer.


Il faut dire que la Justice n’a pas pris ces actes qui visaient notre monarchie et notre passé colonial à la légère : plusieurs perquisitions ont été menées chez tout ce qui touchait de près ou de loin à "De Stoete Ostendenaoare" : le conseiller communal Wittevrongel, l’auteur Raf De Boever [lui-même ancien conseiller communal à Ostende qui avait dénoncé les magouilles de l’attribution de la concession Casino et les freins à l’enquête mis par le procureur] et même notre excellent confrère du Morgen, Douglas De Coninck furent inquiétés. Ce dernier se retrouve d’ailleurs dans le livre derrière le personnage d’un journaliste s’appelant Donald De Prins. 

Plus amusant encore est que le juge d’instruction en charge de l’affaire [de son vrai nom Gevaert] a été rebaptisé… Agvaert  et que le procureur de Bruges s’appelle Eikmans [eik, le chêne] alors que, dans la réalité, il s’appelle Berkvens [berk, le bouleau].


Dans les couloirs du Palais de Justice de Bruges, les avocats et magistrats ne parlent plus que du livre. Quant au procureur, il n’a pas encore fait de commentaire, mais il se chuchote qu’il n’a pas vraiment apprécié l’opus…

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