Fortis joue au casino... et c'est le Belge qui banque
01-10-2008
Les investissements foireux de Fortis et de Dexia dans des actifs douteux ont engendré une telle baisse de confiance [credere en latin] dans les banques que la panique est générale dans cet univers où l’argent est roi.
Après avoir spéculé comme des joueurs de poker, donné des salaires complètement indécents avec golden parachute en [sub]prime, voilà nos chers banquiers dans leurs petits souliers : ce petit crétin d’épargnant docile qui, tel un écureuil, plaçait ses maigres économies dans nos beaux produits générant des marges à deux chiffres n’a plus confiance en nous. Ouh, le vilain !

La Bourse, devenue un ersatz de jeu de Bingo pour traders-spéculateurs en quête de coups et d’argent vite gagné, a tout de suite embrayé, entraînant ce monde de pacotille et de carton-pâte dans une infernale spirale descendante.
C’est trop injuste : il faut sauver le soldat Fortis et ses 25000 gamelles !
Une solution s’impose : aller pleurer chez Didjé Reynders, l’ami des riches, pour nous reprendre et pour permettre de nous refaire.
L’État providence va nationaliser comme au bon vieux temps de l’Union Soviétique que Didjé aime tant !
Voilà la solution : ce petit couillon d’épargnant ne veut plus investir chez nous ? On va le forcer par une prise de participation de l’État.

Ah, oui, on oubliait : il y a 2 jours, nos excellences, tout affairées à composer le budget de ce pays, cherchaient désespérément 5 milliards, car l’État n’avait plus le moindre eurocent pour le pouvoir d’achat de ses concitoyens.
Pas de problème : on se passera de l’avis des parlementaires et on décidera [tout seul comme des grands] d’endetter les Belges pour renflouer les caisses de nos amis spéculateurs. C’est une particratie ici, les amis : on décide entre chefs de clans avec notre armada de cabinettards qui nous torchera un texte d’accord en quelques heures qui, par un coup de baguette magique, apportera les liards que nous n’avons pas pour sauver nos amis les banquiers.

Une vraie démocratie, comme aux États-Unis, aurait vu l’Exécutif analyser la situation et proposer un plan au Parlement, seule émanation du peuple, qui aurait décidé en âme et conscience.
Les élus américains ont estimé que ce n’était pas au citoyen de rembourser les placements foireux et la gestion hasardeuse des banques. Voilà une belle preuve d’indépendance et de maturité. Illusoire de l’envisager chez nous : il faut dire que c’est tellement plus facile avec l’argent des autres et tellement plus intelligent d’endetter les générations futures.
Que dire alors de la sortie offusquée du Bel Elio alors qu'il a été administrateur de Dexia pendant 10 ans !
Sans parler que pour le patron de PME, jamais il n'aura l'aide de l'Etat si sa trésorerie commençait à patiner...
 
Toutes ces manœuvres pour sauver le capitalisme sauvage se sont faites avec la bénédiction de la presse rétribuée : nos médias aux ordres ont trop peur que Fortis et Dexia, qui sont parmi leurs plus grands annonceurs, ne prennent plus une seule page de pub si on faisait paniquer l’opinion.
Low profile donc avec dramatisation et air grave à la clé. Il faut sauver les riches et répéter le langage officiel : "si on n’avait pas investi, c’était la fin de la Belgique et un drame pour l’emploi".
C’est oublier aussi un peu vite que le Belge moyen vit de ce qu’il gagne et n’a plus de quoi épargner : 6 millions de Belges n’ont pas d’épargne et 15% de nos concitoyens vivent sous le seuil de pauvreté. Leurs préoccupations sont ailleurs : joindre les deux bouts et tenter tant bien que mal de faire vivre leur famille.
Quant à la population active, grâce aux inepties du duo Reynders-Leterminus qui viennent de claquer plus de 7 milliards  [3 fois le Plan Marshall ou 10% du Budget de l’État fédéral ou encore 2 fois celui de la Région Bruxelloise], elle sera obligée d’y aller de sa poche : cet engagement correspond à 1875 € par Belge qui travaille !
Mais cela, le grand capital et la bande à Reynders s’en foutent : ce n’est pas leur argent, car de toute façon, c’est toudi le petit qu’on spotche.
Pauvre Belgique...
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